Nantes. Journée de la jupe : "se confronter au regard des gens c'est important"

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© Archives PO/N. Bourreau

Ils sont jeunes, lycéens en Loire-Atlantique, et ils ont décidé ce vendredi 19 mai d'enfiler la jupe ou la robe afin de lutter contre le sexisme.

En dépit d'une communication tardive, ils étaient une quarantaine d'élèves garçons, ce vendredi, au lycée nantais Guist'Hau à "oser" porter sans complexe la jolie jupette. "Parce que c'est la Journée de la jupe 2017". 

Mais, au fond, est-ce si terrible que ça de porter une jupe ?

"Bah écoutez, c'est assez étrange de ne pas avoir de pantalon, témoigne Élias. Je viens à vélo et ce n'est pas très pratique. Mais ça permet de se confronter au regard des gens et c'est important".

Le débat sur la pause de midi sur le thème du sexisme a connu un succès que les lycéens n'imaginaient pas, beaucoup d'élèves, des professeurs et même le proviseur sont venus échanger sur le sujet.

Plusieurs établissements de Loire-Atlantique participaient à cet événement aujourd'hui à l'initiatives des syndicats lycéens (UNL, SGL, UNL, SD, FIDL) visant à soutenir la cause de l’égalité Femme-Homme. Les lycées Jacques Prévert, à Savenay, Camille-Claudel (une semaine complète d'atelier), Guisth'au, Clémenceau et Les Bourdonnières, à Nantes, organisaient différents types d'actions.

Le sexisme croît

"La jupe est associée depuis des années aux femmes, c’est le vêtement instauré comme celui féminin, indique Marius Hego-Lemarié Délégué Départemental du Syndicat Général des Lycéens. Or notre idée est de détourner ce symbole qui tend à dire que les femmes ont ce type de vêtement et les hommes un autre. Pour une journée il faut faire de la jupe non plus un vêtement sexualisé et associé aux femmes mais juste une simple tenue pour tous. Le sexisme croît dans nos établissements scolaires, l’égalité Femme-Homme n’est pas présente partout et dans tous les milieux, c’est un vrai constat alarmant."

Pour preuve au lycée Guist'Hau, ce vendredi. Élias, qui a coorganisé cette journée, témoigne de comportements de garçons dans la classe qui ont refusé de s'asseoir à côté d'autres garçons, au seul motif qu'ils avaient enfilé la jupe. "C'est du sexisme tout simplement. Il y a aussi du rejet, il ne faut pas croire. Mais au moins, nous sommes satisfaits car ce genre de journée permet vraiment d'ouvrir le débat et de délier les langues".

Vidéo

En 2014, la manifestation "Ce que soulève la jupe" (l'ancêtre de la journée de la Jupe) existait déjà depuis la 2e année à Nantes. Les lycéens de Clémenceau étaient beaucoup plus nombreux que prévu - et peut-être plus encore qu'aujourd'hui - à porter des jupes empruntées à leur mère ou à leur soeur.

"Quand on voit les réactions des gens qui veulent nous imposer des règles d'un autre siècle, on a encore plus envie de faire passer le message", réagissait un lycéen.

Des opposants à la loi sur le Mariage pour tous s'étaient alors invités à la manifestation festive. La police était intervenue pour éviter les heurts (vidéo). "L'égalité, c'est un long combat", conclut Élias encore aujourd'hui.